✍️ Préambule
J’ai déjà parlé plusieurs fois des montres Pebble et de mon attrait vers ces petits engins open-sources, dont la batterie dure plusieurs semaines, et au design totalement retro.
J’avais expliqué dans un billet qu’une smartwatch Android ou Apple ne m’intéressait pas : trop verrouillé, trop de traceurs publicitaires, aucun contrôle sur mes données personnelles, de nombreuses fonctions dont je n’ai pas envie (traqueur fitness, surveillance du sommeil), tout cela en dépendant du bon vouloir de la compagnie qui daigne me laisser accéder à un objet que j’ai pourtant acheté… Je n’ai aucune envie de filer encore plus de flouze aux GAFAM pour un gadget qui m’espionne et dont je ne me servirai sans lui faire confiance. Si je dois porter une montre à contre-cœur, il y a de fortes chances pour que je ne la porte pas du tout.
Mais les montres Pebbles ont ressurgi d’un passé lointain (2008!), un temps où la publicité “personnalisée” n’était pas encore hégémonique, et où l’interopérabilité était une vertu plus grande que l’appartenance à un écosystème puissant mais fermé. Elles avaient disparus, et renaissent par la frustration de leur créateur originel qui ne trouve aujourd’hui plus aucune smartwatch qui lui corresponde.1
J’ai été enthousiasmé par le projet dès que j’en ai appris l’existence en mars 2025. Une montre open source, compatible avec GadgetBridge2 3 (donc respectueuse des données personnelles), au design doucement rétro, aux animations malicieuses, avec un écran e-paper allumé en continu, et promettant l’autonomie de plusieurs semaines. Cerise sur la crème, la montre est programmable : chacun·e est libre de créer des applications et de les intégrer à sa montre ou de les partager avec les autres utilisateurs. La communauté en a déjà partagé des milliers !
J’ai donc précommandé une Pebble Time 2, et j’ai patienté. J’ai failli changer d’avis et commander une Pebble Round 2 quand celle-ci fut annoncée, mais me suis ravisé. L’attente fut longue, mais j’étais prévenu d’entrée de jeu. Elle m’a finalement été remise le 16 juin, et je la porte chaque jour depuis. J’écris le présent article pour partager mes impressions.
Polémique et attentes des clients : De nombreux clients ayant comme moi pré-commandé la montre dès les premiers jours ont donc attendu près de 15 mois. La compagnie ait fait preuve de beaucoup de transparence et de franchise, annonçant dès l’aube du projet que la production aurait certainement du retard, que la garantie du produit ne durerait que 30 jours, quels seraient les composants et fonctionnalités, les limites de l’objet (notamment sur les fonctionnalités fitness).
La même compagnie ai fait montre (calembour délibéré) de beaucoup de bonne volonté, échangeant les produits défectueux très facilement, répondant par de nombreuses FAQ aux inquiétudes des utilisateurs. Malgré ces efforts, une partie du peuple d’internet s’est comporté comme une bande d’enfants gâtés, se plaignant des délais ou de leurs attentes déçues. J’ai trouvé détestable le comportement de certains utilisateurs sur Reddit, nombrilistes et impatients, vindicatifs même, s’indignant de découvrir des caractéristiques ou contraintes qui étaient pourtant exposées de façon très claire sur le site de la compagnie, et ce depuis le début. Moi, je suis très heureux de mon expérience client. Sans plus traîner, rentrons dans le vif du sujet.
📦 Unboxing & installation
J’ai reçu la montre dans un petit colis qui m’a été livré à domicile. La boite la contenant est en carton, et ne contient qu’un petit livret d’explication, la montre, son bracelet (en deux tailles : M et L), et le chargeur (un petit adaptateur se branchant sur un câble USB-C). Rien de bien exotique, ce qui est complètement cohérent avec la philosophie assez minimaliste de l’engin.
Après avoir monté le bracelet et téléchargé l’appli officielle (open source 🥳), la montre s’est connectée sans effort à mon téléphone e/OS dé-googleisé et j’ai lancé la mise à jour du système. La mise en marche m’a pris en tout et pour tout 10 minutes. J’ai attaché l’objet à mon poignet et la porte chaque jour depuis.
⌚ La montre elle-même
C’est un bel objet. Elle est sobre et assez discrète, certainement pas tape-à-l’œil. Son corps métallique et ses discrets boutons ne sont pas là pour attirer l’attention, mais font bonne figure à qui les examine. Elle est confortable à porter, d’un poids léger, mais donne malgré tout une impression de solidité. Bien que l’écran soit tactile, les boutons restent l’interface principale de la montre. Ils sont confortables et cliquent de façon satisfaisante et perceptible.
J’ai un poignet plutôt fin, et pourtant la montre m’est bien proportionnée.
Bracelet
Le bracelet fourni avec la montre est un bête élément de silicone disponible en blanc, noir, bleu ou rouge. Il est très basique, mais confortable et fonctionnel.
Il peut aisément être changé par tout bracelet Quick-Release™ de 22mm, un format partagé par les Appel Watch. Le choix ne manque donc pas.
Étanchéité
Concernant la résistance à l’eau, la montre résiste jusqu’à 30m, mais la compagnie déconseille de plonger ou nager avec ou de l’exposer à l’eau chaude (même sous la douche). Il faut plutôt la voir comme water resistante4.
Solidité
J’ai lu en témoignage sur le Reddit que le verre de l’écran s’ébréchait facilement, et j’ai voulu le fortifier.
J’ai cru être futé en allant chez WeFix pour faire poser un film de protection. Ils prétendent les faire sur mesure et je croyais qu’ils pourraient donc m’en fabriquer un. Ce sont des écrans en plastique, donc découpable sur place. C’est un peu moins confortable que les dispositifs en verre trempé, mais je les trouve plus résistants dans le temps : celui de mon téléphone est toujours nickel après 3 ans.
Hélas, ces filous jouent sur les mots. Par “sur mesure”, ils veulent dire “à partir des mesures enregistrées dans notre catalogue”, et Pebble n’y est évidemment pas. Chou blanc, donc, et j’ai commandé l’écran de protection de GadgetWrap pour 10€. Quoique difficile à poser, et un peu moche une fois installé, je suis assez satisfait de sa qualité.
Réparabilité
Sans avoir été conçue avec la réparabilité en tête, la Pebble Time 2 présente tout de même des vis sur sa face arrière, et peut être ouverte afin d’en changer la batterie au risque d’en diminuer son imperméabilité.
Sur Reddit, certains se lancent déjà dans la réparation des anciens modèles, moins facile à ouvrir et à refermer, et y arrivent très bien. Avec son corps et ses boutons en acier, j’ai bon espoir que la Time 2 soit plus durable encore.
📺 L’écran
Always On Display
L’argument principal de la Pebble est son écran e-paper5 qui lui permet d’afficher son écran en permanence, restant très lisible même en plein soleil tout en conserver une autonomie extraordinaire.
Avoir un écran toujours actif aisément lisible est vraiment un énorme point positif. On porte et on oublie la montre, jusqu’au moment d’en avoir besoin, pour la trouver prête à répondre sans nécessiter qu’on la titille, secoue, tapote pour la réveiller.
Lisibilité & Luminosité
L’écran me semblait initialement assez sombre en intérieur, et c’est une critique que l’on voit souvent revenir sur le Reddit. J’ai rapidement été rassuré : elle reste tout à fait lisible la plupart du temps, et le retro-éclairage pallie sans difficulté aux situations où ce pourrait être un problème.
Toutefois, cette particularité de l’écran fait que tout cadran de montre n’est pas forcément facile à décrypter en toute condition. Ceux employant de petites tailles de police ou beaucoup de couleurs sont à mon goût trop peu contrastés et nécessite un effort pour être lus. Un coup d’œil discret ne suffit pas : il faut déchiffrer sa montre. Cela restreint mon choix, le limitant à des cadrans larges, monochromes, peu décorés, et m’interdit les nombreux écrans bourrés de dessins et petits détails.
A contrario, l’écran est sensationnel en extérieur et se lit d’un coup d’œil sans aucun rétro-éclairage : c’est là la force du e-paper.
Contraste
Côté contraste, ça pêche un peu. C’est assez normal, en y réfléchissant bien : nous sommes habitués à des écrans OLED hyper-calibrés, capables d’afficher presque tout les couleurs que l’œil humain peut déceler. La Pebble n’a pas cette prétention, et peu parfois paraître un peu terne. Il ne faut donc pas compter sur les contrastes entre les couleurs pour mettre en évidence les éléments importants, mais tout au plus pour décorer un peu. Pour cette même raison, les applications et cadrans très colorés semblerons peu détaillés et un peu confus.
Dans l’interface système, en revanche, les couleurs sont simples, franches, et plaisantes.
Tactile
L’écran est tactile, c’est vrai. Mais le système n’utilise quasiment pas cette fonctionnalité, hormis l’option de tapoter l’écran pour en activer le rétro-éclairage. Les rares applications qui l’utilisent le font très bien, mais la plupart ne prennent en charge que les boutons.
Heureusement, ceux-ci sont plus que suffisant pour assurer une navigation intuitive et rapide. Je n’ai pas le sentiment que l’aspect “tactile” ne manque à l’interface. Elle sera progressivement intégrée par la suite, je présume.
🛒 Les applications et leurs magasins
La montre est programmable, c’est-à-dire que tout le monde peut créer, installer et partager de petites applis à ajouter dans le système. On peut pour ce faire utiliser le C et le Javascript.
Je n’ai pas (encore) la compétence pour créer moi-même les outils dont j’ai envie. J’ai quelques projet en tête, mais l’apprentissage de ces langages devra attendre que mon emploi du temps s’allège. Heureusement, les autres utilisateurs de Pebble ont partagé leurs créations, et ce depuis la naissance de la marque. Les app stores contiennent plus de 16'000 petits logiciels et cadrans créés par la communauté !
Je dis « les magasins » car il y en a actuellement deux, et que chacun est libre d’en créer d’autres. L’officiel de Repebble est celui que j’utilise, mais Rebble est un autre projet qui sert d’alternative. Dans les faits, ils font un peu la même chose.
Mais si ils débordent d’applications qui ont l’air très cool, nombre d’entre elles ne fonctionnent plus depuis longtemps. Tout l’historique des applis créées a été préservé, et dans ce fouillis, la plupart ne sont plus mises à jour et sont devenues obsolètes, sans que rien ne permette de le savoir avant de les installer.
Quelques indices ont certes été implémentés pour tenter de les repérer : un message apparaît quand l’appli est très ancienne, la date de la dernière mise à jour figure sur la page (et indique fréquemment 2016 😱), une petite icône marque les applications dont la résolution correspond aux vieux modèles… On peut même filtrer les recherches pour ne faire figurer que les applis explicitement faites pour les montres récentes.
Mais ces indices ne sont pas 100% fiables. Certaines de vieilles applis marchent très bien (leur résolution plus faible est même automatiquement adaptée aux nouveaux écrans plus larges sans aucune action requise de l’utilisateur!), et d’autres plus récentes ne fonctionnent pas, ou pas bien. Il faut les installer, les essayer, et voir ce qui marche.
J’ai donc initialement un peu ramé à personnaliser ma montre. Si le démarrage est express et la montre immédiatement utilisable, y ajouter les fonctionnalités et outils qui m’intéressent m’a pris quelques jours de recherche.
Une de ces fonctions que je cherchais était celle d’un assistant vocal. Je n’ai pas besoin de quelque chose de compliqué, mais un bête logiciel qui écoute ma voix à la pression d’un bouton pour exécuter des ordres simples («rappelle moi de…», «mets un minuteur») me semblait vraiment utile. De nombreuses applis proposent ce genre de fonctionnalités, mais fonctionnent mal, en particulier pour les francophones.
J’ai finalement choisi Bobby qui serait parfait s’il ne reposait pas sur Google Gemini 😭. Il est payant (Ce qui ne me dérange pas. Payer un petit abonnement pour un logiciel open source me convient).
Si j’arrive à y trouver une alternative qui fonctionne bien pour les francophones, je ferai le switch.
Après quelque temps d’essais et de bidouillage, je suis tout de même arrivé à une petite collection d’outils tout à fait correcte :
- Pomodoro : une petite appli aidant à minuter et structurer mon temps de travail selon la méthode Pomodoro bien connue.
- Meditation Timer : Pour quand je veux méditer.
- Touchy Weather : La météo sur les quelques jours qui viennent. Surprenamment fiable !
- Timer - Instant Timer : un minuteur à l’interface un peu bizarre à prendre en main, mais redoutablement efficace une fois maîtrisée !
- Compass : une boussole, pour naviguer dans les rues que je connais mal
- PebbleNavi : les indications Google Maps sur mon poignet quand je suis en vélo.
- Brain Dump : ça, c’est celle que j’utilise le plus : capture en quelques mots des notes et mémo, et les envoie selon un mot-clef vers mes notes Nextcloud ou vers une liste de tache Todoist
- Todoist Mini : pour consulter la sus-mentionnée liste de tâche
- Bobby : l’assistant vocal évoqué plus haut.
- Find My phone : Où ai-je encore fourré mon téléphone ?
Le magasin d’application et de cadran n’est pas inépuisable, contrairement à ce qu’on pourrait penser en contemplant les milliers d’options. Mais nombres de ces outils et cadrans sont en fait très basiques et sont souvent redondants entre eux, sans parler de ceux qui ne fonctionnent plus. C’est un résultat attendu d’un magasin ouvert à la publication par tous et toutes.
Et malgré cela, il y en a pour tous les goûts : il y a une large diversité d’apparences pour montres, minimalistes, modernes, retro, des dessins et photo, des gags, des cadrans lisibles comme d’autres abscons, des clins d’œils aux jeux vidéos ou à la pop culture… Inépuisable, non ; mais virtuellement exhaustif, absolument.
Personnellement, j’utilise le cadran Pebble Mesh que la sobriété monochrome rend très lisible, qui me donne les prévisions de météo et de précipitation d’un geste du bras, et dont le fond tacheté me fait penser au menu de la Nintendo DS (pour qui il existe d’ailleurs un cadran d’hommage). D’autres sont tout aussi charmants (un ersatz de casio, un tarrot, et j’en passe…) mais c’est ce cadran mon préféré pour le moment.
📱 L’application smartphone
L’application sur le smartphone permet de connecter la Pebble, de la configurer, mettre à jour, et installer de nouveaux cadrans et nouvelles applis.
Elle est encore en voie d’amélioration, mais je la trouve bien faite, sobre et efficace. Elle est gratuite et open-source.
Malheureusement, elle contient des traqueurs publicitaires. J’ai l’impression qu’ils servent avant tout à l’analyse d’usage et au débogage, mais c’est tout de même déplaisant. Heureusement, ils sont bloqués automatiquement par mon système e/OS. Si ce n’était pas le cas, j’aurais la possibilité d’utiliser GadgetBridge3 à la place.
🔋 L’autonomie
Les chiffres parlent d’eux-même :3 à 4 semaines d’usage quotidien sur une seule charge. Sur ma montre, avec mon usage, j’en tire 24 jours, et je trouve ça fantastique. Je n’y fais absolument pas attention, j’utilise ma montre naturellement sans me retenir ni me poser de question, et je n’ai pas besoin de m’inquiéter de si j’aurai assez de batterie pour finir la journée. Je ne l’ai chargé que deux fois depuis que je l’ai reçue, alors que j’étais encore très loin de l’épuiser.
D’un point de vue matériel, Le chargeur est un petit adaptateur qui se branche sur tout câble USB-C et se fixe magnétiquement au dos de la montre. Je trouve ça astucieux, car il ne prend aucune place et s’ajoute sans difficulté à mon chargeur de téléphone sans nécessité pour moi d’emporter un énième câble ou brique. Puisque la pebble se charge en quelques heures maximum, il est facile de la remettre d’aplomb avant de brancher son téléphone.
L’autonomie de votre montre sera moins bonne si vous utiliser des cadrans de montre affichant les secondes car ces derniers nécessitent plus de rafraîchissements de l’écran (60 fois plus, en fait), mais je crois qu’à ce stade là, ce n’est pas un problème. On peut l’utiliser sans s’en préoccuper.
🏃 Les fonctions fitness
Bien que ce ne soit pas l’objectif de la montre, elle dispose d’un ensemble d’outils “sport”. Podomètre, surveillance de la fréquence cardiaque et de l’activité physique, mesure de la qualité de sommeil, les options sont là.
Ce ne sont pas des fonctions qui m’intéressent, et je nes utilise pas vraiment. Je n’ai même pas touché à la fonction de surveillance du sommeil.
Le podomètre semble fiable, et fonctionne de façon automatique et silencieuse.
Je ne saurais juger de la qualité des autres outils, car je n’ai aucun élément de comparaison… Mais les témoignages sur internet les trouvent satisfaisant. Il existe quelques applis dans les stores permettant de suivre et surveiller plus finement les sessions d’activités sportives et d’entrainement.
🤔 À l’usage
Je trouve la Pebble adorable. Ce n’est pas un épithète que l’on accole fréquemment à un gadget, mais les animations rigolotes et espiègles rendent rapidement l’objet attachant. Non contentes d’être mignonnes, elles sont d’une fluidité plaisante sans être intrusives.
Côté fonctionnalité, l’écran est lisible, les vibrations des notifications sont suffisamment fortes pour être remarquées sans être violentes, l’interface est bourrée d’options et de raccourcis pratiques.
L’aspect le plus important pour moi était la réception des notifications au poignet. C’est une fonction dont la Pebble s’acquitte de façon absolument irréprochable.
Les vibrations sont nettes et bien perceptibles, les animations discrètes et claires, les options utiles permette d’ignorer, masquer ou répondre en quelques pressions de boutons… même coté téléphone, on peut filtrer quelles notifications afficher sur la montre et lesquelles ignorer; on peut en changer la couleur, l’icône, le motif de la vibration… C’est pour moi un sans-faute. Mon téléphone reste en silencieux et me transmet mes messages et mes appels, ainsi que quelques notifications importantes (alarmes de maison et quelques autres).
❌ Les limites
On a déjà parlé de l’écran qui peut manquer parfois de contraste ou de visibilité dans certaines conditions de lumière. J’ai mentionné aussi une résistance à l’eau certes présente, mais limité. La réparabilité semble encourageante, mais pas merveilleuse.
En revanche, je n’ai pas parlé de certaines fonctionnalités aujourd’hui fréquemment retrouvées dans les smartwatch qui sont absentes de la Pebble. Nottament : les appels téléphoniques, l’indépendance au smartphone, et les paiements sans contact.
Cela tient à la vision du créateur de la marque qui garde la conviction que sa montre est un à-coté, suppléant son téléphone, et n’a pas vocation à le remplacer. Dès lors, pourquoi faire doublon avec un appareil que l’on garde de toute façon dans la poche ? Mieux vaut d’après lui se concentrer sur les quelques fonctions qui sont réellement pratiques à avoir au poignet, et ne sortir son téléphone que quand on en a vraiment besoin.
À titre personnel, je souscris totalement à cette philosophie. Tout de même, ces options peuvent tout à fait manquer à certains.
Les appels téléphoniques
Si la Pebble Time 2 est équipée de micros (deux, pour être exact), c’est uniquement pour dicter de courts messages et instructions, retranscrits en texte. Pas d’appel téléphoniques ou d’enregistrement de messages audios. Il n’est pas prévu que cette fonctionnalité soit ajoutée par la suite.
Indépendance au téléphone
Certaines montres connectées embarquent un carte SIM, leur permettant de rester liées au réseau même à distance du smartphone. Impossible ici : la Pebble est connectée par BlueTooth, et a besoin d’être à portée pour garder certains de ses usages, notamment la transcription des instruction orales. Sans téléphone, la montre ne pourra que donner l’heure. Et encore ! Si elle venait à s’éteindre, elle oublierait le dernier horaire et ne pourrait même plus accomplir cette tâche.
Paiement sans contact.
Y’en a pas. Pas de NFC, par de rien du tout. Fin du débat.
Il y avait naguère d’antan jadis des bracelets pour Pebble qui contenaient de telles puces, mais ceux-ci semblent avoir disparu, et je ne sais pas si ça marchait très bien…
💸 Le prix
La Pebble Time 2 coûte 225€. Pour une smartwatch, c’est assez cher. Vous aurez pour moins que ça le choix entre de nombreux modèles de Xiaomi, Garmin, Huawei, et même Samsung, et celles-ci auront des écrans plus beaux, des traqueurs fitness plus précis, et sûrement tout un tas d’autre chose que la Pebble ne présente pas.
Mais ces montres seront également bardées de logiciels publicitaires, vous enfermeront dans un écosystème fermé, sont tributaires des fabricants pour leur fonctionnement et leurs mises à jour, vous demanderont de vous connecter à internet pour faire la moindre chose. Sans parler de l’obsolescence programmée, tant logicielle que matérielle, qui l’enverra au recyclage dans 2 à 4 ans.
Ma Pebble, son autonomie merveilleuse, son logiciel ouvert et fonctionnant sans même nécessiter de connexion au réseau, me plaît infiniment plus. Et quand on voit que des Pebble fabriquées en 2010 fonctionnent encore très bien aujourd’hui, je m’attend à la garder avec mois encore un bon moment. Maintenant, détaillons pourquoi.
🪄 Conclusion : Un objet simple. Très simple.
Une remarque intéressante : aussi amusante, mignonne, pratique que la Pebble soit, elle est… ennuyeuse. On s’en désintéresse vite. Contrairement par exemple à un nouveau téléphone où je peux passer des semaines à tout configurer, régler, personnaliser, explorant chaque menu et chaque option pour m’approprier l’appareil, on fait le tour de la Pebble et de ses options en quelques heures.
Ça m’a beaucoup surpris, car avec un appstore qui contient plusieurs milliers d’applications, je pensais ouvrir la porte vers un monde de nouveauté ! Mais en fait, nombre de ces applications se ressemblent (combien d’applis de météo!), remplissent des fonctionnalités similaires (combien de prise de notes plus ou moins intelligentes !), ou accomplissent des tâches qui ne me concernent pas (suivi de score de sport, de transports en communs dans des villes que je n’ai jamais vues !). C’est la force de ces logiciels ouverts : un écosystème riche et varié, où chacun apporte comme pierre à l’édifice un petit caillou qu’il a construit pour son propre usage et partage humblement, sans prétendre révolutionner le système.
Au final, je me suis arrêté sur une poignée d’application de qualité, remplissant les quelques taches basiques que j’attends d’une montre. Une fois ma boite à outils remplie, et mon cadran choisi, je n’ai plus grand bidouillage à faire sur la Pebble. Elle siège patiemment à mon bras, ne se manifeste que quand c’est utile, et se fait oublier le reste du temps.
C’est là que je réalise un paradoxe auquel je n’ai jusqu’alors jamais réfléchi : la valeur que je trouve en un outil est inversement proportionnel au nombre de ses options.
J’aurais pourtant dû m’en douter : c’est une évolution lente que je semble suivre depuis des années. Quand j’ai eu mon premier ordinateur (en seconde), j’ai passé des mois à explorer Ubuntu et d’autres distributions, avant de finalement arriver à Archlinux, parangon du système customizable. Aujourd’hui, je me sens à l’aise avec Fedora, ses applications par défaut, et l’interface basique de Gnome.
Pareil pour mon téléphone Android, où j’étais en quête du launcher parfait, et où je les ai presque tous essayés, modifiés, configurés, avant de finalement me satisfaire du lanceur par défaut de e/OS : sobre, efficace, mais assez rigide et peu modifiable.
Au final, ce que j’attends des outils que j’utilise, c’est quelque chose qui soit un support et non pas une contrainte. Quelque chose de simple et direct, que je puisse juste assez modifier pour convenir à mon usage, sans me perdre dans les méandres de l’ultra-optimisation et de la quête éternelle de la productivité ultime.
La Pebble, qui ne cherche à suppléer mon smartphone plutôt qu’à le remplacer, rentre parfaitement dans cette case. Je vois ses limites comme une humilité et une simplicité logicielle qui me ravit.
⚗️ Post-Scriptum : un objet pas si simple
Toute simple qu’elle semble, si un jour l’envie me prend de vraiment me lancer dans la quête de l’appli parfait, la pebble est programmable. C’est autrement plus complexe que de fouiller un app store pour trouver l’appli parfaite, mais intellectuellement beaucoup plus enrichissant.
Techniquement, l’OS de la montre lui-même est open source, et chacun est libre d’y contribuer, de le modifier et d’y ajouter les options qu’il désire. Mais je n’ai pas le niveau pour une telle ambition.
J’ai néanmoins quelques idées de petites applis que je voudrais essayer de construire, mais ça devra attendre cet hiver que j’ai plus de temps pour moi.
🤗 Le mot de la fin
Je suis complètement fan de ma Pebble. Après 3 semaines à la porter, je l’ai définitivement adopté comme élément de ma panoplie du quotidien. Je ne l’enlève que pour la nuit. Je pourrais la garder : elle n’aura besoin d’être rechargée que dans plusieurs jours ; mais je n’aime pas porter d’accessoires au lit. Je ne tiens pas spécialement à la fonction de surveillance du sommeil, j’ai toujours trouvé cette option un peu stressante et superflue (en dehors des personnes qui en ont besoin pour des raisons de santé)
Sur PhoneArena.com, le critique fait la synthèse suivante (traduite par mes soins), à laquelle j’ajoute entre crochets “[ ]” :
| Achetez si 👍 | N’achetez pas si 👎 |
|---|---|
|
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Ça me semble être un assez bon résumé des forces et des faiblesses de la Pebble et de cette plateforme. D’ailleurs, le créateur de la montre lui-même approuve cette analyse.
Je ne sais vous dire si la Pebble est faite pour vous : ses limites et ses caractéristiques n’en font pas la meilleur smartwatch qui ai jamais été. Mais pour moi, avec mon usage et mes valeurs, c’est la seule candidate qui mérite d’être considérée.
Pour l’heure, j’en suis très, très heureux. Le temps dira si je suis un fanboy ou si elle tient ses promesses.
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Eric Migicovsky, Canadien vivant aux USA, porte encore aujourd’hui sa Pebble originelle, et a réussi à obtenir de Google que le code source soit ouvert. Il reprend son travail sur ces bases solides, et recrée une entreprise plus petite avec deux missions : refaire des Pebbles, et les refaire longtemps. (source : son blog personnel. 🇬🇧) ↩︎
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Inquiet de savoir si la montre serait effectivement compatible avec GadgetBridge, j’avais écrit à la compagnie CoreDevices qui les recrée. Ils avaient confirmé mes espoirs ✌️. ↩︎
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GadgetBridge est une appli open-source pour Android qui remplace les applications propriétaires contrôlant les smartwatch de différents fabricants (Xiaomi, Garmin, Samsung…). Elle permet ainsi aux utilisateurs d’utiliser leurs montres sans se faire vampiriser de leurs données personnelles. Leur site internet liste la compatibilité des différents modèles, et la Pebble Time 2 est classée comme hautement compatible ✅. ↩︎ ↩︎
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e-Paper et e-Ink ne sont pas tout à fait la même chose. L’e-Paper utilise des cristaux liquides, l’e-Ink utilise de petites billes magnétiques. Ces deux technologies sont similaires en le sens qu’elles servent à des écrans réflectifs, réfléchissant la lumière plutôt que d’en émettre, faisant ainsi des écrans confortables dont l’aspect imite celui du papier et de l’encre, d’où le nom. En général, la résolution de ces écrans est moins bonne, leur fréquence de rafraîchissement est plus basse, et ils dépensent moins d’énergie. ↩︎