Un jour de loisir, c’est un jour d’immortalité. proverbe chinois

Ma mie aime bien dire que je suis un homme à lubies. Elle s’amuse de me voir essayer mille choses, mille projets, dans nombre de domaines variés, sans attente d’obtenir un résultat particulièrement abouti. Ainsi, j’aime faire de la photographie, de la programmation, écrire des cartes-postales à des inconnus, j’ai appris à faire un peu de couture à la machine, je m’essaye au jardinage et à la boulangerie maison, et m’improvise barista et maître du jeu.

Il y a quelques années, cela me faisait culpabiliser. J’avais l’impression de ne jamais aller “au bout”, de laisser mes projets et ambitions en plan. Je faisais des terrariums (terrari?) et les abandonnais après quelques semaines, créais des blogues que je ne remplissais jamais… Quelle déconfiture, me disais-je. Je me sentais frivole et futile dans mes loisirs.

Ma chérie m’a fait changer d’opinion quant à cette légèreté, qu’elle interprète comme de la curiosité et de la polyvalence. Tant pis que la plupart de ces projets restent inachevés : par eux, j’ai découvert un nouveau domaine, et appris les bases d’une discipline enrichissante. Le problème n’est pas de m’arrêter en route, mais de m’être lancé avec l’attente d’aller quelque part. Le voyage compte, pas la destination ; il faut imaginer Sisyphe heureux ; et cetera et cetera.

Son regard bienveillant (et même admiratif !) de cette attitude de touche-à-tout m’a forcé à reconsidérer les choses. Maintenant que j’aime à me dire intéressé de tout et expert en rien, il m’est beaucoup plus facile d’explorer de nouveaux horizons, et de parler du peu que je sais avec les rencontres qui croisent ma route. Tant que je garde une posture humble et curieuse, tout m’est permis, et l’échec est impossible. C’est très libérateur.


Ces derniers mois ont été un peu arides pour moi. J’écrivais ma thèse de médecine générale, et le vilain mariage de la menace des dates butoirs et de mon goût pour la procrastination a un peu étouffé mon appétence pour les apartés. Mais depuis que le point final a scellé mon œuvre il y a quelques jours, le monde semble fourmiller de parenthèses à ouvrir et de tangentes à emprunter ! Cette effervescence de pistes à suivre me tétanise d’excitation : je ne sais même pas par où commencer.

En tout cas, c’est un grand plaisir pour moi que de voir se rouvrirent les bras du monde, comme pour m’inviter à y courir. Je vais prendre mon temps et laisser le hasard et mes envies me guider sur ces sentiers qui me font du bien. Reprendre l’écriture de ce blogue était depuis le début ma première étape.

Mes amis et moi lors de l'éclipse solaire du 12 août 2026
Mes amis et moi lors de l'éclipse solaire du 12 août 2026