J’ai reçu un très beau cadeau, il y a maintenant un bout de temps. Il s’agit de mon porte-plume rétractable : un pilot Capless. J’y suis très attaché, et avais envie d’en parler un peu.

J’ai toujours beaucoup aimé les stylos plumes. Regarder l’encre se déposer fluidement sur le papier sous le tracé des lettres a pour moi un charme que n’égale aucun bic, aucun feutre, aucun crayon. Écrire avec un plume me donne l’envie de m’appliquer, comme si le moindre mot méritait mon attention et mon affection.

Hélas, les porte-plumes dont des objets fragiles. Ils sèchent, tombent, fuient… C’était souvent le cœur lourd et les doigts tachés que je les repose vides pour saisir un banal quatre-couleurs. J’en ai eu plusieurs, mais ai toujours fini par les laisser de côté.


Et puis j’ai appris l’existence de cette gamme de stylos : les portes-plume rétractables.
D’une pression satisfaisante sur leur extrémité, ils cachent leur pointe via un mécanisme similaire aux crayons bic. Clic ! La plume est sortie, prête à déverser à flots encres et mots. Clic ! La voila protégée, prête à bondir à la prochaine occasion. Clic clic clic. et re-clic derrière.

Mon pilot Capless
Mon pilot Capless

Depuis que j’ai reçu le mien, je l’utilise au quotidien depuis et je m’en délecte. Je prends grand plaisir, une page remplie, à la parcourir d’un coup d’œil et me réjouir de l’apparence de parchemin. J’emporte avec moi un flacon d’encre et remplis mes cartouches à l’aide d’une petite seringue. Cela a deux bénéfices :

  1. Moins de plastiques, d’emballages, de déchets, et de passages en boutique ou de commande sur internet. youpi.
  2. Je peux acheter des encres de toute beauté. Actuellement, j’en ai choisi une verre émeraude “iroshizuku” dans un grand et beau flacon. Quand je l’aurai fini (dans un bon moment donc), je me laisserai sûrement tenter par du violet sombre, dans les tons de celui que mon papa utilisait quand j’étais marmot.
Mon flacon d'encre verte
Mon flacon d'encre verte

Je n’écris quasiment plus qu’avec lui. Je réserve les bics aux papiers trop fin et aux surfaces plastifiées. Il est d’ailleurs amusant de voir que j’ai choisi comme stylo bille préféré le modèle de base de chez Hema, ceux qui sont hexagonaux avec un effet métal. Je les achète par 30 et les jette au recyclage une fois vides. La démarche totalement opposée, donc.


J’ai bien conscience que ces stylos de Pilot sont des produits de luxe, et que j’ai beaucoup de chance de pouvoir en avoir un comme outil du quotidien. C’est certainement l’un des objets précieux que je possède, et il serait insensible de ma part d’en recommander l’achat. L’intérêt de cet objet naît vraiment dans le cœur de celui qui l’emploie. C’est un bel objet, élégant et pratique : certes. Il écrit merveilleusement bien : c’est vrai. Mais il n’est en rien une condition indispensable au plaisir d’écrire.

Si j’ose emporter partout avec moi ce petit bijou de papeterie, c’est parce qu’à mes yeux sa beauté vient de son usage. Abandonné à sécher au fond d’un tiroir, il perd de sa superbe et régresse du rang d’élégante curiosité à celui de simple bibelot.

mon style posé sur une feuille blanche, un petit cœur dessiné à côté

Vraiment, j’aime beaucoup mon stylo plume.